Dans la presse le 1er avril 1915 : rapport officiel de la commission en vue de constater les actes commis par l’ennemi – Clermont en Argonne

Rapport officiel de la Commision

instituée en vue de constater les actes commis par l’ennemi,

en violation du droit des gens.

 

[…] La petite ville de Clermont-en-Argonne, adossée à une colline pittoresque, au milieu d’un paysage agréable, recevait chaque année la visite de nombreux touristes. Le 4 septembre, pendant la nuit, les 121ème et 122ème Régiments wurtembergeois y firent leur entrée en brisant les portes des maisons et en se livrant à un pillage effréné, qui devait se continuer pendant le cours de la journée suivante. Vers midi, un soldat alluma l’incendie dans l’habitation d’un horloger, en y répandant le contenu d’une lampe à alcool qui lui avait servi à préparer son café. Un habitant, Monsieur Manternach, courut aussitôt chercher la pompe municipale, et demanda à un officier de lui fournir des hommes pour la mettre en action. Brutalement éconduit et menacé d’un révolver, il renouvela sa démarche auprès de plusieurs autres officiers sans plus de succès. Pendant ce temps, les Allemands continuaient à incendier la ville en se servant de bâtons au bout desquels des torches étaient fixées. Tandis que les maisons flambaient, des soldats envahissaient l’église, qui est isolée, sur la hauteur, y dansaient au son de l’orgue, puis, avant de se retirer, y mettaient le feu, à l’aide de grenades, ainsi que de récipients garnis de mèches et remplis d’un liquide inflammable.

Après l’incendie de Clermont, on trouva deux cadavres, celui du maire de Vauquois, Monsieur Poinsignon, complètement carbonisé, et celui d’un jeune garçon de onze ans, qui avait été fusillé à bout portant.

Quand le feu fut éteint, le pillage recommença dans les immeubles que la flamme avait épargnés. Des objets mobiliers, enlevés chez le sieur Desforges et des étoffes, volées dans le magasin du sieur Nordmann, marchand de nouveautés, furent entassés dans des automobiles.

Un médecin-major s’empara de tous les objets de pansement de l’hospice, et un officier supérieur, après avoir inscrit sur la porte d’entrée de la maison Lebondidier une mention interdisant de piller, fit emporter sur une voiture une grande partie des meubles qui garnissaient cette habitation, les destinant, comme il s’en vanta sans vergogne, à l’ornement de sa propre villa.

A l’époque où ces faits se sont passés, la ville de Clermont-en-Argonne était occupée par le treizième corps wurtembergeois, sous les ordres du Général Von Durach et par une troupe de Uhlans que commandait le prince de Wittenstein.

 

Source : AD Meuse – Le Bulletin Meusien du 1er avril 1915

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